Mon tour d’une semaine dans le désert de Gobi en Mongolie

Mon tour d’une semaine dans le désert de Gobi en Mongolie

Fin septembre 2018, à 22h, je m’écroule sur un banc à la gare routière d’Oulan-Bator. J’ai le dos en compote ! Le chauffeur a avalé les kilomètres depuis la frontière russe en à peine 8 heures en roulant comme un fou sur une route qui comportait plus de trous que de goudron !

Mais qu’importe ! Me voilà enfin dans la fameuse capitale de la Mongolie, d’où partent les voyageurs souhaitant découvrir les steppes sauvages et authentiques de Mongolie.

Fatigué, je choisis au hasard une auberge parmi les moins chères sur Hostelworld. Je tombe sur la Travel Mongolian Guest house ; plein centre-ville, pas de chauffage (il faisait plus froid dedans que dehors), lits très durs… Qu’à cela ne tienne ! Le prix de la nuit n’est que de 5 USD, et dans la cuisine, deux Italiens et un Japonais m’invitent à boire de la vodka avec eux pour me réchauffer. J’en oublie ma fatigue et je termine la soirée à boire avec eux !

Le lendemain, je suis rejoint par Emilien, un autre voyageur français avec qui j’avais décidé de m’associer temporairement pour ma visite de la Mongolie.

Ma recherche d’un tour pour le désert de Gobi

Oulan-Bator peut paraitre sympathique au premier abord avec ses nombreux bars, restaurants et enseignes lumineuses. Mais je peux vous assurer que la pollution et le désordre de la rue vous donneront vite envie de quitter la ville ! Aussi, avec Emilien, nous commençons dès notre deuxième jour à chercher un moyen de visiter le sud de la Mongolie sans trop dépenser.

Nous rencontrons quelques locaux et d’autres voyageurs qui nous parlent de louer une voiture et un guide pour des prix avoisinants les 50 USD par jour par personne.

Finalement, c’est sur Facebook que nous avons trouvé notre bonheur. En demandant conseil sur le groupe Facebook Backpackers Travel Mongolian, nous avons été contactés directement par plusieurs guides mongols se cachant dans le groupe. Certains nous ont proposé des tarifs intéressants, et nous avons finalement décidé de faire confiance à l’un d’entre eux, pour un tour de 6 jours et 5 nuits à 35 USD par jour par personne tout compris. Seulement ce tarif n’était valable que pour 6 personnes et nous n’étions que deux ! Heureusement, nous n’avons eu aucun mal à trouver 4 autres personnes intéressées en demandant autour de nous dans les auberges et sur Facebook.

La plupart des Guest houses organisent également des tours un peu partout.

Parmi les retours que j’ai eu, la Mongolia Vision Tours & Guest house propose des tours très sympas. La guesthouse en elle-même est aussi très agréable et confortable. J’y ai logé à mon retour du désert de Gobi. Elle est en plein centre-ville et coute 6 USD la nuit en dortoir (voir sur Booking).

4 jours après notre arrivée à Oulan-Bator, après être passés au Narantuul Market acheter quelques vêtements chauds (il fait frisquet en Mongolie au mois d’octobre), nous partons donc avec les 4 autres voyageurs et notre guide dans un monospace en direction du désert de Gobi.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit (vêtements, matériel de camping, bricoles…), passez au Narantuul Market. Il s’agit d’un grand marché où tout est au black et où l’on trouve beaucoup de m**** mais aussi de très bonnes affaires si on a l’œil. Attentions aux pickpockets !

Notre tour d’une semaine dans le désert de Gobi

Notre itinéraire

Nos différents arrêts

1) La ville de Karakorum

Les restes du monastère de Karakorum en Mongolie centraleNotre premier arrêt, Karakorum, était l’ancienne capitale de l’empire mongol du temps de Gengis Khan, avant que la Chine ne soit conquise et que Pékin ne prenne le titre.

Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un petit village appelé Kharkhorin. Il reste tout de même un bout du grand monastère bouddhiste et son enceinte, ainsi qu’un musée avec des reliques et explications sur ces temps glorieux de la Mongolie.

Nous avons passé notre première nuit dans cette ville car la femme de notre guide y tient une Guest house avec des yourtes ; La Family Guesthouse.

Gengis Khan était un conquérant Mongol ayant régné au milieu du Moyen Age sur le plus grand empire du monde. Sa particularité est qu’il autorisait (et même encourageait) les populations conquises à maintenir leur culture et leur religion, ce qui lui permit de maintenir son empire en place pendant longtemps. De ce fait, Karakorum était une ville cosmopolite où plusieurs peuples et religions se côtoyaient.

La traite des chèvres avec la famille de nomades2) La famille de nomades

Le soir suivant, nous avons dormi chez une famille d’éleveurs nomades dans leur yourte. Ce fut un échange culturel assez intense ! Nous avons trait les chèvres, bu du lait de jument fermenté (les nomades en raffolent), dormi sur des tapis à même le sol, les pieds près du poêle et la tête sous le bouddha du fond de la yourte.

3) L’ancien monastère d’Ongiin Khiid

Ce lieu est sacré pour les Bouddhistes. Il s’agit des restes d’un ancien monastère détruit par les Russes du temps de l’URSS. Au milieu des ruines, vous trouverez un temple restauré, un musée et une statue en or de bouddha perchée dans la montagne.

4) Les Flaming Cliffs

Il s’agit de falaises creusées par l’eau et le vent, se dressant au milieu du désert de Gobi. Notre guide nous a déposé d’un côté et nous a donné rendez-vous de l’autre côté une heure plus tard. Nous avons dû descendre et escalader les falaises. Mais ça valait le coup !

Attention où vous mettez les pieds, la roche est assez fragile !

Les flaming cliffs

 

5) La grande dune de sable de Khongoryn

Coucher de soleil au somment de la grande dune de sable du désert de Gobi en MongolieUne curiosité perdue au fin fond du désert de Gobi ; La grande et unique dune de sable de Khongoryn.

Nous avons eu la chance d’arriver au sommet de la dune à temps pour admirer le coucher de soleil. C’était l’un des plus beaux paysages que j’ai vu dans ma vie !

Comptez 30 à 45 min pour arriver jusqu’au sommet. Ça monte raide !

Ce soir-là, nous avons dormi dans une des Guest houses au pied de la dune.

Guest house au pied de la dune de sable

 

6) La vallée des aigles

Il s’agit d’un canyon assez étroit au fond duquel zigzague une petite rivière. La vallée tient son nom des aigles qui y habitent. Malheureusement, nous n’en avons vu aucun. Octobre n’est pas forcément la bonne saison. Mais nous nous sommes beaucoup amusés à descendre le long de la rivière coincée entre les deux parois de montagnes. La randonnée dure deux heures aller-retour.

La vallée des aigles dans le désert de Gobi en Mongolie

Lorsque nous sommes rentrés à la tombée de la nuit, nous avons appris qu’un Australien n’était toujours pas revenu depuis 4 heures. Dans la nuit, avec la température et les loups, ses chances de survie étaient faibles.

Le soir, nous avons dormi dans une Guest house à l’entrée de la vallée. Le lendemain, l’Australien avait été retrouvé dans un village à 45km de l’autre côté du canyon. Perdu et en panique, il aurait marché jusque-là. Je vous rassure cependant, c’est surprenant qu’il se soit perdu, alors qu’il n’y a qu’un seul chemin.

7) Les falaises colorées Tsagaan Suvarga

Au milieu du désert se dresse une falaise multicolore surplombant de petites collines arrondies de couleur rouge, ocre ou verte. Vous pouvez descendre facilement la falaise pour la regarder d’en bas.

Faites juste attention où vous mettez les pieds ! Selon notre guide, il y a pas mal de serpents.

Les falaises colorées du désert de Gobi en Mongolie

8) Les rochers de Baga Gazriin Chuluu

Notre dernier arrêt avant le retour à Oulan-Bator s’est fait à Baga Gazriin Chuluu. Ce lieu est également sacré et chargé d’énergie pour les locaux. Là, au beau milieu de la steppe, se dressent des rochers à l’allure étrange. Notre guide nous a baladé jusqu’à une petite grotte creusée dans la roche. Nous avons rampé jusqu’au fond par curiosité. Elle faisait 6 ou 7 mètres de long. Je ne sais pas si j’y serais rentré en plein été à cause des serpents. Mais là, ça allait !

Les rochers sacrés

Pas très loin de là, notre guide s’est arrêté sur un rocher et a soulevé une pierre plate. En dessous, il y avait un trou de 10 cm de diamètre avec une louche à l’intérieur. Avec la louche, il a sorti de l’eau du trou. Apparemment, cette eau est sacrée et permet d’améliorer la vue. Il convient donc de se laver les yeux avec. Je n’ai pas l’impression de voir mieux, mais j’ai bien cru que mes paupières allaient geler !

Ensuite, notre guide nous a amené jusqu’à l’entrée d’un petit canyon. Nous avons été surpris de ce que nous avons trouvé à l’intérieur ; les restes d’un petit bâtiment en pierre (sans doute un ancien monastère), envahi par les arbres. C’était d’autant plus surprenant que nous n’avions vu aucun arbre durant notre tour ! Malheureusement, nous n’avons pas eu davantage d’informations sur ce lieu, car notre guide était trop préoccupé par le moteur du van qui commençait à fumer.

Mon avis sur ce tour

Les paysages magifiques du désert de GobiLe tour

J’ai adoré et je vous le conseille absolument !

Nous avons vu des choses magnifiques. Chaque arrêt nous en a mis plein la vue ! J’avais téléchargé des films sur mon ordi pour ne pas m’ennuyer pendant la route. Mais finalement je n’ai pas pu décrocher mon regard de la fenêtre.

Nous avons aussi vécu des expériences incroyables. Par exemple, nous avons passé une nuit avec une famille de nomades mongols, des amis de notre guide. Nous avons dormi dans leur yourte, mangé leurs plats traditionnels, traité les chèvres et vu du lait de jument « fraichement » fermenté… Nous avons découvert ce style de vie qu’est le nomadisme et qui semble si étrange pour nous les Européens !

La route

La route pendant notre tour en voiture du désertPour ma part, les journées n’étaient ni trop longues ni trop pénibles. Pourtant, nous avons fait beaucoup de route ! Pendant trois jours, nous avons même coupé à travers la nature et le chemin était chaotique et bosselé. Un conseil pour ceux qui ont le mal des transports : Prenez des médicaments ! D’ailleurs, le van a mal supporté le voyage. A la fin, le guide avait rajouté sous le capot une bouteille d’eau pour récupérer l’huile qui fuyait, une serviette pour l’étanchéité du radiateur et une moustiquaire dont l’utilité m’a échappé. Et je ne vous raconte pas l’état des roues ! Enfin… C’est normal en Mongolie. Il n’y a pas de contrôle technique. Tant que ça roule, c’est bon !

Le guide

En ce qui concerne notre guide, il a été  parfait ! Premièrement, il parlait très bien anglais, ce qui n’est pas le cas de tous les guides. Mais il a aussi été très serviable et attentionné, a veillé à ce que nous ne manquions de rien. Les plats qu’il cuisinait étaient locaux et typiques sans être trop dépaysant pour nous (beaucoup de touristes ont dit avoir souffert de la nourriture mongole à la longue). Il a veillé à ce que nous soyons bien logés, à ce que nous ayons du temps pour visiter chaque endroit intéressant à notre rythme. Enfin, il nous a appris beaucoup de choses sur la Mongolie, son Histoire, sa nature et son peuple, avec sa culture, ses religions et ses coutumes…

Je pense que cette dernière qualités est importante et qu’il vaut mieux payer un peu plus chère pour avoir un guide qui parle bien l’anglais et qui puisse vous en apprendre sur son pays.

Pour ceux que ça intéresse, je vous laisse son adresse mail : ganbaatar1973 « at » yahoo « point » com

Le seul regret que j’ai est que notre guide n’ait jamais dormi avec nous dans les yourtes. Il faut dire que la plupart des yourtes n’avaient que 4 ou 5 lits et certains d’entre nous dormaient déjà par terre sur des tapis. Lui préférait dormir dans sa voiture, disant que c’était plus confortable. Peut-être tenait-il juste à nous laisser de la place…

Le guide de survie pour dormir dans les yourtes/Guest houses

A la découverte des yourtes

A la découverte des yourtesPendant notre tour du Gobi, nous avons été amenés à dormir dans des yourtes aménagées en Guest houses. La plupart du temps, il s’agit de familles nomades qui élèvent des troupeaux et arrondissent leurs fins de mois en aménageant des yourtes en auberge. Ils ne parlent pas anglais et la nourriture n’est pas comprise en général. Mais c’est le seul moyen de dormir à peu près au chaud ! Le prix est négociable si vous y allez par vous-même.

Bien dormir dans une yourte

Bien que la yourte soit un hébergement folklorique et amusant, c’est loin d’être aussi confortable qu’un bâtiment en dur ! En cause ? La température bien sûr ! Nous étions au début du mois d’octobre et les températures nocturnes descendaient déjà jusqu’à -10°.

Dans la yourte, il fait très chaud le soir, car le feu dans le poêle est encore bien alimenté. Il nous est même arrivé de nous endormir en caleçon par-dessus les couvertures. Et c’est là le problème ! Car pendant la nuit, le feu finit par s’éteindre, la température chute, et on se réveille frigorifié.

Être prêt à se rhabiller

Au moment de vous endormir, gardez donc des vêtements et couvertures à portée de main pour pouvoir vous rhabiller facilement si vous vous réveillez pendant la nuit. Personnellement, je m’endormais dans mon sac de couchage ouvert, une couverture contre moi, un bonnet sous mon oreiller et un gros pull autour du cou. Lorsque j’étais réveillé par le froid, je n’avais qu’à enfiler mon pull, fermer mon sac…, et me rendormir rapidement.

Éviter de dormir à même le sol

Sachez que la chaleur monte dans la yourte. Il fait plus froid au raz du sol que sur les lits. Si la yourte n’est pas bien isolée, il peut même y avoir des courants d’air au sol. S’il n’y a qu’un lit pour deux, c’est mieux de dormir à deux dans le lit plutôt que d’en laisser un dormir au sol ! Nous, nous jouions les lits aux kems, les mecs contre les filles.

Résultat : On a souvent dormi par terre…

Le matin, les gars de la Guest house sont censés rallumer le feu avant votre réveil. En pratique, ce n’est jamais arrivé. Le premier réveillé devait aller chercher nos hôtes pour faire rallumer le feu. Personnellement,  ça ne m’a jamais posé problème puisque je me suis toujours réveillé le dernier !

 

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